C’est une amie rencontrée dans un lointain voyage (merci Claire !) qui m’a poussé à acheter ce livre, que connaissent tous les élèves avocats tant il est utile dans leur profession.
L'art d'avoir toujours raison, petit livre (quelques dizaines de pages) écrit par Arthur Schopenhauer, est un guide pragmatique pour triompher dans les débats, non pas en cherchant la vérité, mais en maniant l'art de la dialectique à son avantage.
Le lire, c'est s'ouvrir un espace de compréhension et de décodage des débats politiques, des plaidoiries d'avocats ou de certains posts sur Twitter. Vous allez pouvoir sortir le popcorn et transformer le visionnage des débats politiques en véritable jeu : “là c’est l’argument 12 !”, “là elle a sorti le 25”…
C'est quoi la dialectique ?
Schopenhauer définit la dialectique comme l'art de la dispute, celle par laquelle nous cherchons à convaincre les autres même en l'absence de la vérité. Cet art, selon lui, n'est pas forcément honnête, mais il est efficace.
Pour Schopenhauer, il s'agit moins de détenir la vérité que de paraître avoir raison aux yeux des autres. Parmi les 38 stratagèmes qu’il explique dans son livre, voici quatre exemples que vous allez retrouver souvent...
Amplifier les erreurs de l'adversaire
Si votre adversaire commet une erreur, même mineure, Schopenhauer suggère de l'amplifier et de la mettre en lumière. Cette technique détourne l'attention de votre argumentation pour se concentrer sur les failles de l'adversaire.
Utiliser l'autorité plutôt que la raison
Citer une autorité respectée peut être plus convaincant que d'utiliser un argument logique, surtout si le public n'est pas suffisamment informé pour comprendre l'argument mais reconnaît l'autorité de la source. Le risque est faible que quelqu’un aille vérifier la véracité de l’argument. C’est ainsi que de nombreuses citations sont utilisées sans qu’elles aient jamais été prononcées par leur prétendu auteur.
Détourner le sujet
Lorsque vous vous retrouvez en difficulté, Schopenhauer conseille de changer subtilement de sujet pour passer à un terrain où vous êtes plus à l'aise.
Exagérer les propos de l'adversaire
Cette stratégie consiste à prendre une affirmation de votre adversaire et à l'exagérer suffisament pour qu’elle devienne absurde et donc indéfendable.
En poussant l'argument de l'adversaire bien au-delà de son intention originale, on peut le rendre illogique ou inacceptable. Par exemple, si quelqu'un affirme qu'une certaine quantité d'exercice est bonne pour la santé, vous pourriez exagérer cet argument en disant qu'il préconise de s'exercer sans arrêt jusqu'à en être obsédé et oublier tout le reste, quitte à en faire des tonnes sur le côté caricatural.
Si je vous parle de ce livre, ça n'est pas pour en abuser et manipuler les autres, mais pour vous éviter d'être victime de ces manipulations… et mieux saisir comment certains essaient de manipuler les opinions. Un esprit averti en vaut deux ! D’autant que l'objectif ultime devrait toujours être la recherche de la vérité et la compréhension mutuelle, plutôt que la victoire à tout prix.
Pour parfaire votre art de la dialectique, n’hésitez pas à acheter ce livre. Et n'oubliez pas de relire une des newsletters précédentes qui posait la question "Vaut-il mieux avoir raison ou être heureux ?".
Christophe
