Vous connaissez le refrain : « Ils vont découvrir que je ne sais pas vraiment ce que je fais. » Félicitations, vous êtes humain ! Le complexe de l'imposteur n'est pas juste un vilain petit canard dans l'étang de notre psyché, c'est un signe qu’on est capable d'introspection et d'humilité. En d'autres termes, ça peut sembler être la moindre des politesses en société.
Cependant, à travers le prisme de la psychologie, des neurosciences et du comportementalisme, cette modestie cache une réalité bien plus complexe.
Psychologie du complexe de l'imposteur
Le complexe de l'imposteur n'est pas simplement un manque de confiance en soi, c'est une lutte interne profonde où l'individu attribue ses accomplissements à la chance plutôt qu'à ses propres compétences. Ce phénomène est particulièrement répandu chez les personnes hautement qualifiées, qui, ironiquement, sont les moins susceptibles de reconnaître leurs propres talents.
Savoir qu’on ne sait pas est une preuve de sagesse. Rappelez vous les milliers d’experts en pandémie et en vaccins qui ont fleuri sur les réseaux sociaux début 2000. Vous pensez qu’ils se posaient ces questions ? Bon d’accord, il était tentant de vouloir se rassurer en se disant que quelqu’un maîtrisait vraiment le sujet ou en pensant qu’on avait trouvé une méthode infaillible. Pas si simple d’accepter la complexité du monde !
Les racines neuroscientifiques
D'un point de vue neuroscientifique, le complexe peut être lié à une activité particulière dans des zones du cerveau associées à l'autoréflexion et à l'évaluation de soi, comme le cortex préfrontal. Ces régions sont essentielles pour analyser nos actions et décisions, mais peuvent parfois nous conduire à sous-estimer nos propres capacités, surtout en l'absence de feedback externe positif constant.
En gros, en fonction de notre génétique et de notre histoire, nous pouvons ainsi avoir une grande confiance dans nos capacités ou être dans une forme de doute permanent. Le principal étant que ça ne nous empêche pas d’agir !
Au final, c’est plutôt une bonne chose !
Bien que le complexe de l'imposteur puisse parfois sembler être un frein, je pense qu’il faut le prendre comme une "politesse cérébrale", une manière pour notre esprit de nous maintenir humbles et en quête de croissance. Pour cela, il faut avoir conscience que c’est notre lot à presque tous et que c’est non une faiblesse mais une force qui nous pousse à continuer à apprendre et à nous améliorer.
L’autre bonne nouvelle est que si vous éprouvez le complexe de l’imposteur, vous n’êtes pas un(e) psychopathe car vous avez de l’empathie.
Alors bienvenue dans le monde des imposteurs qui sont en fait juste des humains sains d’esprit. Car finalement, n’est-ce pas quand on ne doute plus qu’il faudrait se poser des questions ?
Christophe
