Quand la mélancolie s'invite...
Imaginez-vous un dimanche après-midi, devant un film particulièrement mélancolique, quand même le soleil a décidé de se cacher derrière les nuages. Vous êtes là, enveloppé(e) dans une couverture, à vous demander pourquoi diable vous ressentez soudain l'envie de dévorer un pot de glace, de prendre votre chat dans vos bras (alors qu’il n’a rien demandé) ou juste de pleurer…
Eh bien, c'est la mélancolie qui fait des siennes, transformant un moment banal en une introspection digne d'une séance chez le psy.
La science derrière le blues
Selon les scientifiques, se laisser aller à un petit moment de mélancolie peut booster notre créativité. Imaginez-vous en train de résoudre un casse-tête complexe après avoir écouté une chanson triste. Votre cerveau, dopé à la mélancolie, trouve soudain des solutions aussi créatives qu'utiliser une fourchette pour démêler des écouteurs (oui, c'est possible)...
Bon nombre de chansons pleines d’émotion, de poésies magnifiques et autres oeuvres d’art chargées d’émotion, ont été réalisées dans des phases mélancoliques, profitant d’un boost de créativité . Alors plutôt que prendre des cours de piano, si vous regardiez un film triste ?
Ca semble magique ? En fait non, c’est normal et il y a une explication scientifique !
La prolactine, hormone de la mélancolie
C'est grâce à la prolactine, une hormone (liée à la lactation, d’où son nom) qui joue également un rôle surprenant dans la régulation des émotions. Des recherches ont montré que le niveau de prolactine augmentait en réponse à la tristesse, suggérant un mécanisme de réconfort naturel du corps. Une étude menée par l'Université de Tilburg aux Pays-Bas a révélé que la prolactine pourrait aider à atténuer le sentiment de tristesse en procurant un effet apaisant, ce qui explique pourquoi beaucoup trouvent un soulagement dans les larmes (Source: "Evolutionary Psychology").
Avez-vous la larme facile ? Vous êtes peut-être accro à la prolactine…
Une scène de film, de série, un passage de livre ou une chanson triste vont ainsi déclencher ce circuit de la consolation… Ainsi, même lorsqu’on n’est pas triste à la base, le simple fait de ressentir de la tristesse ou de la mélancolie va encourager la sécrétion de prolactine, qui va nous faire du bien. Donc on se sent bien, car on a enclenché le circuit de la consolation… sans avoir aucune raison (réelle) d’être triste !
Ce phénomène est accentué par l’empathie, qui nous fait rentrer en résonnance avec la tristesse d’un des personnages. Mon souvenir le plus fort étant Dance Academy (merci à ma fille de me faire regarder des séries pour ados), où on voyait l’une des principales protagonistes rejeter la mort de son ami en se lançant dans l’entraînement, l’hyperactivité, pour ne pas affronter sa douleur… Jusqu’à son explosion, qui est arrivée comme un raz-de-marée de larmes. Je me suis retrouvé emporté comme elle et d’énormes larmes coulaient sur mes joues alors que j’essayais de me reprendre en rangeant la vaisselle. Même en l’écrivant, deux ans après, les larmes reviennent. Mais après coup, j’éprouve toujours une sorte de réconfort, tout comme après l’écoute de certains morceaux tristes (comme Unintended de Muse ou La bombe humaine de Téléphone). Décidément, je suis totalement accro à la prolactine…
D’ailleurs, certaines oeuvres d’art ont aussi la capacité de nous arracher des frissons, puis des larmes. C’est ainsi que chaque émotion, quelle qu'elle soit, détient une valeur et un potentiel de transformation. Mais la mélancolie est particulièrement forte à ce jeu.
La mélancolie mérite donc d'être célébrée, avec sa douce invitation à la réflexion et son étrange capacité à nous rendre plus humains, plus créatifs, et bizarrement plus heureux après quelques larmes. Alors, la prochaine fois que vous vous sentirez mélancolique, dites-vous que c'est l'occasion parfaite pour créer quelque chose, ou au pire une bonne raison de manger du chocolat sans culpabiliser.
Et vous ? Qu’est-ce qui déclenche votre mélancolie ?
Christophe
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C’est pourquoi j’ai décidé de tester de nombreuses choses, dont le fait de m’astreindre à développer une idée par jour. Quand je pilotais Marmiton, je rédigeais moi-même la newsletter hebdomadaire... Mais aujourd’hui, les outils disponibles sont bien plus puissants. Alors j’utilise cette newsletter comme “bac à sable” pour tester et pratiquer ces fabuleux outils, mais aussi pour mettre à l’épreuve ma propre capacité à réfléchir et à partager cette réflexion.
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